Chapitre 1 / 5
La tempête au-dessus de l'océan
Le vent hurlait comme s’il voulait arracher le ciel.
« On remonte ? » cria un homme.
« Non ! Nous descendons ! »
« Descendre ? Nous tombons ! »
« Jetez tout ce qui est lourd ! »
Un sac disparut dans les nuages. Puis un autre.
Mais cela ne suffisait pas.
Le ballon tournait dans la tempête, secoué par une force terrible. Autour de lui, il n’y avait que de l’eau, du vent et une nuit épaisse.
Dans le filet, cinq hommes s’accrochaient de toutes leurs forces. Avec eux se trouvait un chien, Top.
Ils venaient d’une terre lointaine, d’une guerre qui avait détruit des familles et séparé des amis. Ils avaient voulu fuir. Le ballon devait leur donner la liberté.
Il leur donnait maintenant autre chose : une lutte pour rester vivants.
« La mer est juste en dessous ! » cria l’un des hommes.
Les vagues montaient comme des montagnes noires.
Cyrus, l’ingénieur et chef naturel du groupe, regarda ses compagnons.
« Il reste quelque chose à jeter ? »
« Presque rien ! »
« Alors, tout ce qui reste ! »
Ils jetèrent leurs sacs, leurs armes, leurs réserves et même des objets qu’ils auraient voulu garder.
Le ballon remonta un instant.
Puis il recommença à descendre.
Une déchirure dans son enveloppe laissait s’échapper le gaz.
Le danger était simple : s’ils tombaient dans la mer, personne ne pouvait garantir qu’ils survivraient.
Les cinq hommes restèrent pourtant calmes.
Ils étaient différents. L’un était ingénieur. Un autre était journaliste. Un autre connaissait la mer. Le plus jeune apprenait vite. Le dernier avait suivi son ami parce que la loyauté, pour lui, valait plus que la peur.
Dans cette tempête, ils comprirent une chose : pour survivre, ils devraient rester ensemble.
Les heures passèrent.
Puis le chien se mit soudain à aboyer.
« Top a vu quelque chose ! »
Tous regardèrent dans la même direction.
Un homme cria :
« Terre ! »
Au loin, derrière les vagues et la pluie, une masse sombre apparaissait.
Une terre.
Peut-être une île.
Peut-être une côte inconnue.
Peut-être leur seule chance.
Mais le ballon perdait encore de la hauteur.
« Accrochez-vous ! » ordonna Cyrus.
La mer frappa le filet.
Les hommes furent presque plongés dans l’eau.
Le ballon, devenu plus léger après avoir perdu une partie de son poids, remonta soudain.
Puis il fut poussé vers la côte.
Pendant quelques minutes, personne ne parla.
Ils regardaient seulement la terre se rapprocher.
Enfin, le ballon toucha le sable.
Les survivants tombèrent au sol, épuisés.
Le ballon, libéré de leur poids, repartit dans le ciel avant de disparaître dans la tempête.
Les hommes comptèrent leurs compagnons.
Ils étaient quatre.
Le chien était là.
Mais Cyrus avait disparu.
Nab regarda la mer avec désespoir.
« Il faut le retrouver », dit-il.
Personne ne répondit.
Ils savaient tous que la nuit serait longue.
Mais ils savaient aussi qu’ils ne quitteraient pas cette côte sans chercher leur chef.
Et, pour la première fois, sur cette terre inconnue, leur nouvelle aventure commença.
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