AHIWA

Chapitre 3/5

Chapitre 3 / 5

La nuit sans Cyrus

« En avant ! »

C’est Spilett qui donna l’ordre.

Il n’y avait plus de temps à perdre.

Cyrus avait disparu dans la mer, et Top avait sauté après lui.

Nab courait déjà sur le sable.

Il ne pensait plus à sa fatigue.

« Cyrus ! »

Sa voix se perdit dans le bruit des vagues.

Pencroff, Spilett et Harbert suivirent.

Ils savaient que Cyrus pouvait nager. Ils savaient aussi qu’il était fort.

Mais la mer était violente.

Personne ne pouvait dire ce qui lui était arrivé.

Les quatre hommes longèrent la côte vers le nord.

La nuit tombait.

Le sol était difficile. Il y avait du sable, des pierres et des trous cachés dans l’obscurité.

Ils criaient.

Ils écoutaient.

Ils recommençaient.

Rien.

Au bout d’un moment, ils arrivèrent devant la mer.

Le chemin s’arrêtait.

Pencroff observa les lieux.

« Nous sommes sur une pointe. Il faut revenir et chercher un autre passage. »

Nab regarda l’eau.

« Et s’il est là ? »

Personne ne répondit.

Ils appelèrent encore.

Toujours rien.

Ils repartirent dans l’autre direction.

Après plusieurs kilomètres, une nouvelle pointe les arrêta.

Pencroff regarda autour de lui.

Puis il dit :

« Nous ne sommes pas sur une grande terre. Nous sommes sur un îlot. »

La découverte fut terrible.

L’endroit était petit, sec et presque vide.

Pas d’arbres.

Pas de bois.

Pas d’abri.

Pas de feu possible.

Au loin, vers l’ouest, Pencroff croyait pourtant voir une masse sombre.

« Il y a peut-être une autre terre là-bas », dit-il.

Mais la nuit était trop noire pour en être sûr.

Ils durent attendre.

Nab refusait de se reposer.

« Cyrus est peut-être blessé. Il a besoin de nous. »

Spilett posa une main sur son épaule.

« Son silence ne veut pas dire qu’il est mort. Il peut être vivant. Il faut garder espoir. »

Toute la nuit, ils marchèrent sur l’îlot.

Ils revenaient toujours vers le nord, là où Cyrus avait disparu.

Ils criaient.

Ils écoutaient.

Ils cherchaient le moindre signe.

Puis le ciel se dégagea un peu.

Les étoiles apparurent.

Harbert regarda longtemps le ciel.

Ce n’était pas le même ciel que celui qu’ils connaissaient.

Les constellations leur apprenaient une chose importante.

La tempête les avait emportés très loin.

Peut-être dans l’autre moitié du monde.

Le matin du 25 mars arriva enfin.

Mais un épais brouillard couvrait la mer.

On ne voyait presque rien.

Nab ne voulait plus attendre.

« Je vais traverser », dit-il.

Devant eux, un bras de mer séparait l’îlot d’une terre plus grande.

Pencroff observa le courant.

« Fais attention. »

Nab entra dans l’eau.

Les autres le suivirent.

Le passage était difficile, mais ils réussirent à atteindre l’autre rive.

Cette fois, ils avaient devant eux une véritable terre.

Ils ne savaient toujours pas où ils étaient.

Mais ils avaient une nouvelle chance de retrouver Cyrus.