AHIWA
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Chapitre 4/7

Chapitre 4 / 7

La maison sans lumière

Dans la maison du commerçant, on essaya tout.

Le meilleur pétrole. Des mèches neuves. Un gardien reçut l’ordre de veiller avec des allumettes et de rallumer la flamme dès qu’elle paraîtrait.

Elle ne parut pas.

La lampe restait sur son guéridon, froide, polie, muette — un puits de nuit au milieu des climatiseurs.

« Je t’ai payée ! » lui cria le commerçant, un soir de trop.

Le cuivre ne répondit pas. Autour de la lampe, tout était acheté : les meubles, les sourires, les silences. Rien n’était vrai. Elle attendait.

Alors le sommeil du commerçant commença à se défaire, maille après maille, comme un pagne dont on a tiré le premier fil.

Il se réveillait la nuit pour vérifier qu’il faisait bien noir.

Il faisait toujours bien noir.

Au village, pendant ce temps, les mensonges ordinaires étaient revenus s’asseoir au chaud. On arrondissait de nouveau les comptes au marché. On jurait sur la tête des morts avec l’aisance d’avant.

Mais quelque chose avait changé : au moment de mentir, les gens marquaient une toute petite pause. Une hésitation de rien du tout.

On appelait ça, entre soi, « le battement de la lampe ».

Awa, elle, tissait. Elle n’avait accusé personne. Elle n’avait pas touché la liasse, toujours sous sa pierre, au bord du banc.

« Tu attends quoi ? » lui demanda la vendeuse d’attiéké.

« Je ne sais pas encore, dit Awa. Mais elle, là-bas, sait attendre. Alors j’apprends. »

Le septième soir, on frappa à la porte de la case.

Trois coups, trop polis.

Sur le seuil se tenait le gardien du commerçant, trempé, la casquette à la main, et derrière lui le 4x4 aux phares allumés.

« Mon patron te demande, dit-il. Il dit… »

Il avala sa salive.

« Il dit que si tu ne viens pas rallumer la lampe, il la jettera au feu du forgeron. »